LU POUR VOUS: Le Bisphénol A est-il dangereux pour la santé?

Le sujet ne fait l’objet d’aucune polémique, les dangers du bisphénol sont connus en tant que substances reprotoxiques et perturbateurs endocriniens. Ils représentent donc un risque sanitaire majeur pour la société mais il est laissé dans un premier temps au libre arbitre de chacun d’agir pour lui-même en matière de prévention car l’emprise de ce composé dans l’industrie alimentaire est telle qu’il est inconcevable d’interdire son utilisation du jour au lendemain.

En résumé l’exposition au bisphénol se fait à 80% par voie alimentaire du fait de l’ingestion d’aliments ayant séjournés dans des contenants en métal ou plastique (50% de l’exposition alimentaire) et de certains aliments d’origine animale (17% pour les viandes, abats, charcuterie et 1 à 3% pour les produits de la mer) et environ 10% d’une contamination ubiquitaire. Attention, l’eau en bouteilles de polycarbonate est aussi une source conséquente d’exposition. Les 20% restant correspondent à une exposition par inhalation de l’air ambiant et par voie cutanée.

Le BPA est une substance chimique de synthèse utilisée depuis plus de 50 ans. Elle sert à fabriquer des matières plastiques de type polycarbonate et de résines époxydes, c’est un composant d’autres polymères et de résines (polyesters, polysulfones, polychlorure de vinyle, résines vinylesters, ...) et elle intervient dans la synthèse de certains retardateurs de flamme et comme révélateur chimique dans les papiers thermiques (par exemple tickets de caisse)

Des mesures réglementaires ont été mises en place par la loi n°2012-1442 du 24 décembre 2012 visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du BPA.

Pour le moment les industriels planchent sur la question du remplacement de bisphénol. Diverses solutions sont déjà expérimentées. Sans vouloir être pessimiste cette course à la miraculeuse substance, offrant les mêmes caractéristiques physiques que le bisphénol pour nous assurer un confort similaire d’utilisation, pourrait se révéler  une solution pire que le problème. Sera-t-il accorder suffisamment de temps à la recherche sur l’impact sanitaire de cette nouvelle venue sur le marché du contenant ? On est en droit de se poser la question.

Actuellement seules des recommandations sont faites aux femmes enceintes pour protéger l’enfant à venir : réduction des expositions au bisphénol A en évitant les aliments des contenants revêtus de résine epoxy de certaines boîtes de conserve  ainsi que les bonbonnes en polycarbonate et en évitant la manipulation de papiers thermiques (tickets de caisse par exemple).

Ces recommandations sont également valables pour tout un chacun. Le côté positif de tous ces « scandales » sanitaires nous poussent à nous recentrer, à  être sélectifs,  à ne plus se laisser avoir par la facilité. Le monde d’aujourd’hui nous pousse vers un esprit plus critique et il est temps de l’exprimer dans nos choix de consommation.

http://www.anses.fr/sites/default/files/documents/PRES2012CPA07.pdf
http://www.anses.fr/fr/documents/CHIM2009sa0331Ra-0.pdf